Hélène Close

Formation publique : utilisons notre capacité naturelle à réguler nos émotions

Formation publique : utilisons notre capacité naturelle à réguler nos émotions

Au quotidien, utilisons notre capacité naturelle à réguler nos émotions, avec “Tipi  (Résumé du contenu des formations publiques gratuites)

Les émotions, réponses à nos peurs (conscientes et inconscientes)

Sur base d’éléments de l’ouvrage « Revivre sensoriellement » de LUC NICON (Ed. Emotion forte)

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Introduction

L’humain est doté d’une fonction autonome de régulation de ses émotions.  Quelles que soient les origines des traumatismes qu’il vit, l’Homme peu à peu se reconstruit, après un temps de souffrance plus ou moins long, et retrouve la paix.

Parfois, cette régulation ne se fait pas, le mécanisme est bloqué et la perturbation émotionnelle s’accentue souvent avec le temps.  Nos difficultés émotionnelles s’invitent alors dans notre quotidien de façon chronique et à la moindre occasion, peur, angoisse, phobie, anxiété, stress, agacements ou inhibitions entravent nos décisions.

 

Comment ça marche ?

Dans son environnement, tout individu capte par ses 5 sens les diverses informations qui sont instantanément transmises au cerveau. Celui-ci les analyse et les trie (voir annexe fin d’article pour une information plus détaillée).

Tout cerveau humain fonctionne grâce à trois zones particulières.

CERVEAU

Thierry JANSSEN La maladie a-t-elle un sens ? Théorie de Mc Lean …

  1. Le cerveau reptilien : Mes cinq sens perçoivent les informations de mon environnement et mon corps y répond par des sensations physiques réflexes, automatiques, instinctuelles … de survie … … information physique
  2. Le Système limbique : assure la traduction de l’information physique en émotions, signaux d’alarme, lesquelles sont transmises au … information émotionnelle
  3. Néocortex qui transforme l’information émotionnelle en sentiments à partir desquels, en tenant compte des expériences mémorisées du passé et de ses motivations pour le futur, il va élaborer des idées et celles-ci des actions (langage verbal et gestuel qui exprime sentiments nouveau, émotions et nouvelles réactions physiques) … information intellectuelle.  (voir annexe fin d’article pour plus de détails)

Si une information représente un danger potentiel pour l’individu (instinct de survie), le cerveau ordonne aux différents organes du corps (via les secrétions hormonales notamment) de se mettre en état d’alerte (augmentation du rythme cardiaque, …) pour être prêts à réagir si effectivement le danger se précisait.

Le corps réagit donc aux éléments du contexte dans lequel nous vivons une situation et nous ressentons une émotion particulière.

Intellectuellement, la situation est analysée et nous évaluons s’il y a réellement danger ou pas et décidons du comportement à adopter en conséquence.

Très rapidement, s’il n’y a pas de danger, le corps reprendra son fonctionnement normal (se calmera) et l’émotion ressentie disparaitra.

Ce type de situation au cours de la journée est tellement fréquent qu’il en finit par se faire de façon inconsciente pour nous. Notre système d’autorégulation émotionnelle est parfaitement organisé et autonome.

Une émotion se manifeste donc par un ensemble de sensations physiques ressenties dans le corps. Elles sont concrètes, descriptibles, variées comme par exemple : des palpitations, un nœud à l’estomac, des bouffées de chaleur, le souffle coupé, des tremblements, des sueurs froides, les jambes en coton, de la difficulté à déglutir, le mal de tête, des crampes musculaires, … Chaque émotion s’est inscrite dans notre corps.

Si les manifestations dans le corps sont agréables, l’émotion l’est aussi (joie, euphorie, …)

Si les sensations physiques sont désagréables, l’émotion que nous ressentons l’est aussi.

En fonction de nos émotions agréables ou désagréables, nous aurons des sentiments et des comportements différents.  Ceux-ci dureront tant que dure l’émotion, en bien comme en mal.

En observant comment varient nos comportements (suivant les émotions que nous ressentons) nous avons une bonne indication de notre état émotionnel. Nous pouvons nous sentir bloqués et perdre nos moyens dans certaines situations ou dans certaines relations, nous pouvons paniquer ou être pris d’angoisse, devenir irritable ou nous mettre en colère, être violent, nous pouvons aussi fuir systématiquement certaines situations ou comportements de certaines personnes, être sujet à l’anxiété, au stress, …

On remarque qu’une émotion désagréable se manifeste systématiquement en nous au contact de la peur.

En prenant conscience de nos sentiments (qui proviennent aussi de nos ressentis émotionnels),  nous pouvons, s’ils sont désagréables,  ne plus avoir l’envie de vivre, n’avoir plus d’énergie, de projet, être insatisfait en permanence, nous sentir coupable, triste, jaloux, rejeté, vexé, incompétent, humilié, blessé, dévalorisé, …  Si nous ne sommes pas attentifs à nos ressentis physiques témoins de ces émotions négatives, les sentiments “sombres” qui en découlent perdurent.

En effet, alors, … notre système d’autorégulation émotionnelle ne fonctionne plus aussi efficacement.

Nos émotions sont inévitables, les sensations qui sont leur composante physique, aussi.  Certaines deviennent très désagréables … jusqu’à être invalidantes.  Elles s’installent en nous de façon chronique et perturbent notre quotidien, car elles se manifestent, à n’importe quel moment, sans raison apparente.

Dans ces cas, notre corps réagit à une stimulation de notre mémoire et produit des sensations physiques indésirables qui ne nous permettent plus d’agir normalement.  Une pensée, un souvenir, ou … “rien” (de compréhensible), en dehors de tout contexte de danger, peut faire naître des émotions.  Il arrive alors que nous nous sentions tendus, stressés, angoissés, inhibés, bloqués bien que nous ne soyons plus en présence d’un danger réel.

Ces tensions peuvent devenir très tenaces au point que nous ne sachions plus nous en débarrasser par nous même.

Comment se libérer de débordements émotionnels chroniques ?
Des pistes …

La psychothérapie considère généralement, comme origine de la souffrance, le choc physique ou émotionnel qui a tout juste précédé l’apparition des symptômes de perturbation émotionnelle d’une personne.

Pour les psychothérapeutes, c’est autour de cet événement qu’il semble logique de qualifier d’initial puisqu’aucune manifestation émotionnelle ne préexistait avant lui (par exemple un accident de voiture) que se centre principalement la thérapie.

Cependant, aujourd’hui, les scientifiques affirment que pour qu’une difficulté émotionnelle perdure de façon chronique,  il faut qu’il y ait eu une combinaison de 2 évènements :

1 perte de conscience + 1 événement déclencheur

Systématiquement donc, avant l’évènement déclencheur, il se serait produit un autre événement qui a entraîné une perte de conscience.

Ce premier événement aurait été détourné de la mémoire consciente.  Dans la grande majorité des cas, il a eu lieu in-utéro ou lors de l’accouchement.

Il est inaccessible par une investigation psychologique traditionnelle, même si celle-ci l’a repéré et qu’elle l’approche de façon psychologique.

Lorsqu’une perturbation émotionnelle est chronique, il apparait donc une réelle difficulté de régulation définitive et durable par l’approche psychothérapeutique ou psychothérapeutique.

Pour parvenir à nous libérer complètement et durablement d’une émotion désagréable, il est indispensable d’entrer en contact avec nos sensations physiques, inscrites dans notre corps (mémoire physique =  racine de l’émotion bloquée).

Ainsi, nos ressentis physiques semblent être seuls à pouvoir nous conduire de façon fiable jusqu’à l’origine de nos souffrances émotionnelles pour les réguler définitivement, complètement et durablement.

Et, heureusement, nous sommes tous capables de revivre sensoriellement l’origine de nos blocages émotionnels pour nous en libérer complètement et définitivement.

 “tipi est un moyen pour ce faire.
(*)Technique d’Identification sensorielle des Peurs Inconscientes.

Pour être complète, j’ajoute que dans certains cas de difficultés émotionnelles multiples et/ou complexes, l’utilisation de «tipi pour débloquer la situation, permet  que puisse ensuite être fait le travail d’accompagnement psychologique (donner du sens à ce que je vis).

Prenons quelques exemples :

  • « j’ai la phobie de l’avion.  Cela me crée de l’angoisse rien que d’y penser ! »
    > Je consulte et je fais une séance «tipi
    > Je suis libérée de mon blocage. Pas besoin de quoi que ce soit d’autre.
  • « J’ai des angoisses terribles à l’idée d’avoir des rapports sexuels avec mon mari et pourtant au début, tout allait bien. J’aime mon mari et je voudrais trouver des solutions. Dès qu’on aborde le sujet avec ma psy, je suis angoissée et je ne parviens pas à trouver de solutions » « je suis en burn-out depuis de nombreuses années, je ne travaille plus ; le travail avec le psy ne me donne pas la sensation que je sois en capacité de reprendre le travail, cela m’angoisse  encore.»

> Je consulte et je fais une séance «tipi pour débloquer l’angoisse qui me submerge

> Je poursuis le travail d’accompagnement psychologique pour porter un regard sur ma vie et ses événements et leur donner du sens afin de mieux vivre mon quotidien, dans une meilleure compréhension des choses, et faire éventuellement des choix qui modifient ce qui ne me convient pas/plus.

Nous avons donc deux cas de figures distincts où “tipi s’utilise pour désactiver le problème émotionnel :

  1. Ponctuellement, la personne vit une situation de débordement émotionnel « à chaud ».
    Dans ce cas, elle peut utiliser la technique «tipi immédiatement, par elle-même, pour stopper l’émotion qui la submerge (colère, énervement, peur panique, tristesse, anxiété, …) et retrouver son calme et gérer sereinement la situation qu’elle vit.
  2. De façon chronique, la personne vit une/des situations de débordement émotionnel.
    Dans ce cas, elle doit se faire accompagner par un professionnel formé à la technique «tipi pour se libérer.

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«Tipi en situation – la personne pratique elle-même

Je ressens une émotion désagréable …

Je m’installe pour quelques minutes dans un endroit calme et en sécurité …

  •  Je ferme les yeux
  • Je porte mon attention vers les sensations physiques présentes dans mon corps
  • Je laisse ces sensations évoluer, se transformer d’elles-mêmes
  • Je laisse mon corps faire,
    • sans contrôler,
    • sans trop d’attention,
    • sans à priori
  • Jusqu’à apaisement complet.
  • J’ouvre les yeux.

Si les sensations ne se calment pas au bout de maximum 2 minutes ?

  • Ouvrez les yeux.
  • Vous avez probablement, sans le vouloir, cherché à contrôler les sensations.
  • Dans ce cas, le processus de libération sensorielle est empêché.
  • Attendez quelques secondes et reprenez : fermez les yeux …
  • Jusqu’à apaisement complet.

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Quelques conseils pratiques

  1. Où pratiquer ?
    Là où vous êtes au moment où vous ressentez la difficulté émotionnelle s’il y fait calme et qu’on ne risque pas de vous interrompre, autant que possible lorsque l’environnement vous sécurise (la cause de votre difficulté n’est plus ou pas en face de vous)
  2. A quel moment commencer ?
    Aussi tôt que possible lorsque vous ressentez le problème.  Ne pas attendre que les sensations soient trop fortes ou … disparues.
  3. Pourquoi fermer les yeux ? Pour facilement se centrer sur son corps et les sensations, se couper des pensées, des images, des réflexions, du contexte dans lequel la difficulté est arrivée subitement. 
  4. Porter notre attention sur les sensations physiques ressenties dans le corps ? Généralement, une ou deux sensations s’imposent en intensité; pas besoin de les chercher, elles sont là ! D’autres plus ténues existent aussi et c’est l’assemblage de toutes ces sensations qu’on doit prendre en considération.  Dès que nous nous connectons sur les sensations physiques présentes en nous, instantanément, notre émotion cesse.  Le seul fait de nous occuper de ce que nous ressentons dans le corps court-circuite notre réaction émotionnelle face à la situation.  Ce phénomène remarquable est systématique, fiable et instantané.
    Si notre émotion continue de nous submerger, c’est que nous ne sommes pas seulement en train de ressentir les sensations physiques mais que nous n’avons pas complètement lâché nos pensées (et la situation qui nous perturbe).
    Centrons nous exclusivement sur ce qui se vit en nous physiquement et l’émotion cesse immédiatement bien que les sensations soient toujours présentent.
  5. Ne rien faire … laisser les sensations évoluer par elles-mêmes;
    • même si elles deviennent très fortes et que c’est inconfortable, attendre et laisser évoluer.  Simplement “suivre” ce qui se vit à l’intérieur, sans rien faire;
    • accepter de sentir les sensations qui sont là, sans vouloir les contrôler pour qu’elles disparaissent ou qu’elles ne grossissent pas;
    • le corps va lâcher spontanément et très rapidement.  D’autant plus facilement que le mental n’agit pas;
    • Si on reste dans nos pensées, rien ne se passe, les sensations ne disparaissent pas.  C’est raté.  Ouvrez les yeux.  Recommencez sans contrôler.
    • Ne contrôlez pas votre respiration … c’est aussi du contrôle.  Acceptez des sensations qui peuvent faire peur (étouffement, nausées, vertiges, …) il ne se passera rien dans le réel.  Vous ne vomirez pas, n’étoufferez pas, … il n’y a aucun risque lorsqu’on reste en contact avec le corps, sans le mental, simplement
  6. Durée ?  Entre quelques secondes et 2 minutes maximum, cela dépend de la personne et de l’émotion
  7. Comment on se sent quand on ouvre les yeux ?
    • Apaisé
    • différent du “mal-être”
    • comme avant de se sentir mal, lorsqu’on se sentait “bien”.
  8. Indications ?
    • Dès qu’on sent une difficulté émotionnelle
    • jusqu’à ce qu’on soit de plus en plus autonome par rapport à nos émotions qui débordent de moins en moins
  9. Dangers ou contre-indications ?
    Pratiquer « tipi ne présente en soi, aucun danger ni contre-indications. Néanmoins, dans certains cas, il est prudent voire nécessaire, que les séances soient encadrées par un suivi médical et/ou psychothérapeutique/psychologique car les conséquences des séances sont immédiates, complètes et durables (irréversibles).
    Exemple : cas particulier des assuétudes.
    Ce sont des situations vécues en consultations uniquement.

En situation … Allez-y, aucun risque.

Et surtout, ne vous posez pas de question, essayez, au pire, rien ne se passera !

Bonne pratique “Tipi. 

Christiane Hélène CLOSE.

Annexe

Ce système a été mis en évidence par Mac Lean. Selon ce concept, le cerveau serait composé de trois couches formant un ensemble cohérent, c’est la théorie du cerveau triunitaire ou triunique (fig. 2).

Selon cette théorie, la couche la plus ancienne, du point de vue évolutif, et la plus profonde : il s’agit du cerveau reptilien. C’est le cerveau des poissons et des oiseaux qui sont des vertébrés inférieurs. Au niveau de structures cérébrales, on retrouve la moelle épinière, le tronc cérébral (le mésencéphale, le pont et le bulbe), le striatum (au niveau du télencéphale, pour la locomotion) et l’hypothalamus. La fonction du cerveau reptilien est d’assurer les mécanismes sensorimoteurs élémentaires et nécessaires à la survie de l’espèce : la respiration, les instincts, les réflexes vitaux, tous les comportements invariables et stéréotypés. Ce cerveau reptilien se caractérise donc par « sa rigidité fonctionnelle » : il gère tout ce qui n’est pas flexible.

Au-dessus, on trouve le cerveau paléomammalien qui englobe le cerveau reptilien chez certains oiseaux et des mammifères primitifs. Il comprend les noyaux amygdaliens (régulation des états affectifs, la peur, la préservation de l’individu), le septum (préservation de l’espèce : procréation), les noyaux accumbens, l’aire tegmentaire ventrale (désir), l’hippocampe, le cortex limbique (cortex cingulaire, cortex parahippocampique) et certains noyaux thalamiques. Pour MacLean, ce cerveau paléomammalien correspond au système limbique (extension du circuit de Papez) ; il a pour rôle d’assurer une flexibilité du comportement en fonction de la balance émotionnelle des stimuli et d’adapter les comportements en fonction des souvenirs, d’où son autre nom de cerveau affectif et mémorisant.

La couche la plus récente, au niveau évolutif, de ce cerveau tri unique, apparaît chez les mammifères les plus évolués et parmi eux les primates. C’est le cerveau « néomammalien », il se compose du cortex, avec un développement très important du néocortex. Il a une fonction de contrôle inhibiteur sur les deux autres couches, dispose d’une très grande plasticité et d’une adaptabilité comportementale. Il permet l’analyse sensorielle très fine de l’environnement et des capacités de langage, d’anticipation et de prévision . Il est aussi appelé « cerveau rationnel ».

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